Depuis quelques années, les producteurs de porcs font face à des contraintes qui se complexifient : maintien de la productivité dans un marché toujours plus concurrentiel, instabilité des prix et du revenu, demande nationale et internationale en continuelle évolution, respect de normes exigeantes de qualité, salubrité et protection de l'environnement.
Les producteurs relèvent ces défis avec succès en se donnant des moyens efficaces de le faire : investissements majeurs, efforts soutenus en recherche et développement, amélioration des équipements de production et des pratiques d'élevage.
Ces démarches ont porté leurs fruits. Sur le plan agroenvironnemental, les producteurs de porcs québécois ont réalisé des progrès sensibles. De plus, le porc produit au Québec offre une viande saine et savoureuse, maigre, tendre et nutritive, dont la qualité est reconnue mondialement.
Toutefois, malgré ces efforts, une perception négative de la production porcine s'est progressivement développée dans l'opinion publique.
Stratégies régionales
En plus des actions concertées de tous les producteurs, plusieurs stratégies régionales ont été initiées avec succès afin d'améliorer la cohabitation harmonieuse entre les producteurs et le public.
En voici quelques exemples :
Une gestion responsable des odeurs
C'est bien connu, les gens de la Beauce ont la réputation de savoir s'organiser et de mettre en œuvre des projets afin d'atteindre leur cible. C'est du moins ce que démontre l'Association professionnelle des producteurs de porcs de la Beauce. Le 11 novembre 2003, à l'occasion de la création du comité pilote de valorisation de la profession de la Beauce, les membres fondateurs ont identifié une priorité d'action : la gestion responsable des odeurs d'origine porcine. Ils ont alors élaboré un plan d'intervention dans le but de réduire les odeurs dès le printemps 2004 dans un des secteurs les plus affectés, soit celui de Sainte-Marie.
Rappelons qu'avec l'appui de l'équipe de valorisation de la Fédération, des comités pilotes sont mis en place pour servir de phares à l'ensemble des régions dans le développement de stratégies régionales articulées de valorisation de la profession de producteurs de porcs.
Une démarche structurée qui a des répercussions majeures en termes de bon voisinage
Tous les membres du comité se sont entendus pour entreprendre une démarche bien structurée en vue d'une action concrète, à court terme. On sait d'ailleurs que les élus municipaux accordent une importance de premier plan à cette question et qu'ils sont prêts à faire pression pour susciter une amélioration. Lorsque contactés, ces derniers ont vu d'un bon œil que les producteurs s'engagent de leur propre chef dans une telle démarche. Voilà donc jetés les jalons d'une cohabitation harmonieuse.
La démarche s'appuie sur les étapes suivantes :
Première étape : bien comprendre la situation
Dans un premier temps, le comité a fait appel à des experts du Service de l'environnement de la Fédération et du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs pour comprendre comment la morphologie du territoire et la direction des vents peuvent influencer la dispersion des odeurs dans la ville de Sainte-Marie. La cartographie des terres de la région a permis d'identifier la zone pouvant être à l'origine de la présence des odeurs dans cette ville.
Deuxième étape : la mobilisation des producteurs
Les producteurs de la zone cible ont été invités à une rencontre le 3 février 2004 pour discuter de la question. Ils y étaient en bon nombre et ont démontré un intérêt quant aux solutions à envisager. Ils ont discuté tour à tour de l'emploi des rampes basses d'épandage, de l'enfouissement rapide des lisiers et de la synchronisation des épandages.
Quelques-unes des actions mises de l'avant pour la réduction des odeurs :
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L'emploi de rampes basses d'épandage (réduction de 50 à 80% des odeurs)
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L'enfouissement rapide des lisiers après leur épandage
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Pas d'épandage les week-ends
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Pas d'épandage lors des fêtes et des événements publics
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Entente entre les producteurs pour concentrer les épandages à des périodes déterminées
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Prise en compte des conditions météo pour minimiser l'impact des épandages

L'acceptabilité sociale et la cohabitation harmonieuse : une priorité chez les producteurs de porcs de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud !
Afin de faire connaître aux citoyens de leur municipalité les pratiques d'élevage qui favorisent la cohabitation sur le territoire de la Côte-du-Sud, les producteurs de porcs de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud ont procédé à l'envoi d'un fascicule regroupant les méthodes d'élevage utilisées depuis plus de dix ans.
À la suite d'un travail concerté entre les producteurs de porcs de la municipalité et le conseil municipal, les citoyens ont pu recevoir directement chez eux un fascicule dans lequel nous avons regroupé les méthodes d'élevage tout en expliquant en quoi elles sont bénéfiques.
Les producteurs de porcs de la Côte-du-Sud ont souhaité, par cet envoi postal, informer les gens sur les bonnes pratiques d'élevage des producteurs de porcs de la municipalité.

La Malbaie emboîte le pas !
En mars 2005, le producteur de porcs Jean-Marie Gauthier, de La Malbaie, a accepté de participer à un projet pilote visant à réduire les odeurs provenant de la structure d'entreposage de lisier de son site d'élevage.
Un matelas de paille anti-odeurs
Le projet pilote, amorcé au printemps 2005, prévoyait une méthode peu coûteuse pour réduire considérablement les odeurs provenant de la structure d'entreposage. Il s'agissait d'aménager, avec un souffleur, un matelas de paille d'une épaisseur de 18 à 20 cm (7 à 8 pouces) sur le dessus de la fosse. Auparavant, le producteur a installé un tuyau d'amené pour déverser directement le lisier dans le fond de la structure afin d'éviter d'imbiber trop rapidement le matelas de paille. De plus, afin d'empêcher les goélands de plonger dans la paille pour se nourrir, M. Gauthier a placé, au-dessus de la structure d'entreposage, un filet comme ceux utilisés en pisciculture.
Heureux partenariat
Évidemment, un tel projet comporte des coûts d'installation et d'entretien. Heureusement, la municipalité de La Malbaie, le comité de citoyens et le syndicat des producteurs de porcs de la région de Québec ont participé financièrement à ce projet pilote.

Les haies brise-odeurs. C'est bon et ça marche !
Près de 75 fermes porcines de la région de Saint-Hyacinthe démontrent les multiples bienfaits des haies brise-odeurs. Elles s'ajoutent à la liste de plus en plus longue de fermes qui agrémentent ainsi le paysage de plusieurs régions québécoises.
Haies brise-odeurs, haies brise-vents, écrans boisés. Voilà autant d'appellations attribuées à ces haies que l'on voit apparaître de plus en plus autour des bâtiments de ferme. Pourtant, on parle le plus souvent de la même réalité. On sait que ces groupes d'arbres, plantés de façon plus ou moins complexe, ont tous la même fonction. Ils stoppent les vents à des endroits stratégiques et, de cette façon, évitent que ne soient levées des poussières porteuses d'odeurs, ou dispersés, des gaz à effet de serre. Par temps froid, ils freinent ces vents insidieux qui viennent exagérément gonfler les frais de chauffage. Et, avantage qui n'est pas le moindre, ils contribuent à rehausser la qualité du paysage.
L'affaire est donc belle. Si belle que maintenant plusieurs fermes porcines emboîtent le pas dans la plantation de telles haies. On a ainsi rapporté plusieurs expériences de ce type en Beauce, dans la région de Valleyfield, dans celles de la Côte-du-sud, du Centre-du-Québec et de Lanaudière, bref dans la plupart des régions productrices de porcs.
Une participation active
Coordonnée par le syndicat des producteurs de porcs de Saint-Hyacinthe, avec la collaboration de l'Agence de gestion des engrais organiques du bassin de la Yamaska (AGEO), l'opération de plantation de haies brise-odeurs a été lancée à l'hiver 2004 et a suscité un engouement immédiat de la part des producteurs porcins de la région. Ainsi, près de 75 producteurs ont répondu à l'appel dans les mois qui ont suivi.
Comme ce travail requiert des conseils techniques avisés, les fermes participantes ont pu compter sur l'appui indispensable non seulement des spécialistes de l'AGEO, mais aussi du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), qui a notamment fourni les arbres. Par ailleurs, pour la plantation proprement dite des arbres, qui requiert une action rapide et bien coordonnée, les producteurs ont obtenu la collaboration précieuse du Carrefour Jeunesse-Emploi, qui a fourni une quinzaine de jeunes travailleurs en quête de connaissances et d'expérience de travail.





















